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Articles récents

Les rubans.

1 Février 2019 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Pendant longtemps, j'ai cru que les oiseaux pouvaient rêver. Qu'au long de leurs voyages, ils avaient su rêver. Je suis brisé·e par le vent, brisé·e par ton silence. Les oiseaux nous auraient rapporté des clefs d'or et d'argent, des rubans amoureux du voyage, leur long piaillement. Quand les oiseaux me regardent, je fais la moue. Je sais bien qu'ils ont mille ans d'âge, et qu'ils t'ont connu·e. Tu passais sous le vent, l'itinéraire fourchu des oiseaux, puis ils t'ont connu·e. Pendant longtemps, les oiseaux t'ont brisé·e, volé le brin de paille et la misère de ton chapeau. J'ai voulu leur pardonner mais ton silence, mais ton absence, m'en ont dissuadé·e. Je suis fourbu·e, je suis brisé·e, j'ai mal aux ailes que le rêve m'a données. Pardonne-moi le silence, pardonne-moi ton absence, puisque les oiseaux vont rêver.

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L'amour ?

9 Janvier 2019 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

L'amour ? ce n'est pas ça, me dis-tu. Ce n'est pas cette obsession. Ce n'est pas se rouler en boule et espérer. Tu es malade. Tu perds le sens et la raison. Tu remues bien des choses sous ton cœur, à la surface de ton âme. Mais ce ne sont que des choses, et qui remuent. L'amour, ce n'est pas une crainte. Tu reçois de la honte sous ton vêtement pourri. Tu perçois ce qui ne tourne pas rond. Mais tu ne tournes pas. Tu ne fais rien, je te vois bien attendre que la journée passe. Et le soir venu, es-tu plus avancé ? crois-tu que l'amour se compte en secondes ? crois-tu que tu possèdes à ce point l'horloge, son aiguille ? rien ne t'attend. L'amour, tu as raison d'en avoir peur, n'est pas cette sensation malade en toi. Tu es malade et bien sûr, tu ressasses toujours ces quatre souvenirs, que le temps a obscurcis. Que s'est-il passé alors ? que faisais-tu de ton corps ? je sais bien qu'une vilaine pensée est née à ce moment. Tu es si petit face à l'amour, et si faible. Les organes de ton corps n'y suffisent pas. Quel amour pour naître en toi ?

L'amour ? c'était donc ça, te réponds-je. Cette chose fragile et lente. Faut-il cultiver l'amour, et comment. Dois-je donc m'ouvrir le corps et en sortir mon cœur brûlant ? Mes illusions valent-elles un début de désir, et que vaut le désir s'il n'est avoué. Faute avouée... L'amour est cette chose lente à venir, et si petite qu'on la perd de vue. Je ne m'étais jamais figuré ta dureté, et la facilité avec laquelle tu pouvais me donner un nom : celui de pleutre, ou de faible. Mon amour est une chose fragile, parce qu'elle se connaît mal. J'ai perdu l'habitude... Au printemps dernier, j'ai attendu les hirondelles. Elles ne sont pas venues. Entre mes jambes, beaucoup de sang a coulé. Et pourtant je ne cultivais pas encore cette pensée. Je ne connaissais pas ces souvenirs troubles... enfin, tu me regardes avec cet air d'en savoir long. Connais-tu mieux l'amour ?

J'ai connu l'amour, me dis-tu. J'allais de place en place et j'ai rencontré quelqu'un. Cela m'a suffi. Qu'importait la beauté morale de cette personne, ou son courage devant l'amour. Cela suffisait. Mon amour était grand, sûr. Il dépassait les frondaisons des pins. Il remuait l'eau, la changeait en sable. Je ne veux pas dire par là que l'amour est magique : mais il a bien des vertus. Celui de rendre meilleur. Je suis meilleur.

Je réponds : comment trouver l'amour ? est-ce dans un poème ? ou dans ces souvenirs que je cultive ? dois-je désirer un corps ? ou me souvenir d'un visage ? j'ai envie de me rouler en boule et d'attendre que ce pauvre rêve passe. Il passera.

Fleurs d'amour.

8 Janvier 2019 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Mais pourquoi dis-tu
Que c’est le printemps

Car ce n'est pas vrai
Mon Dieu tu le sais

Toutes les hirondelles
Sont parties sans moi

Dieu ce n’est pas vivre
Que vivre sans toi

FINAMOR

7 Janvier 2019 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Là où je suis mort
sur ce bout d'image, ce bout
de plage, c'étaient les gisantes
les vagues les plaisantes
le lichen et le pli

Là où je t'ai vue
sur le promontoire, la terre
retournée par les orages, le ciel
remué par ton visage
seule émue

C'est bien que mon corps
dispose d'un peu de temps
car où je suis mort
reposent les gisants

Où toi ma belle nue
tu disparais mon sang
retourne les orages
je cherche ton visage

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Sur le dos.

7 Janvier 2019 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Rien ne me vient parce qu'on se demandait

où cacher, que donner
que cacher

tu voulais d'amour et d'eau
je priais, sous la pente

sur mon dos 

pour devenir
adulte c'est trop tard c'est fini

c'est pas triste
rien ne l'est

Sans titre.

7 Décembre 2018 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Du sel que contient le pain
et des vagues encloses en la mer
je ne pense rien.

Sur mon visage passe le temps

je suis écorchée, par le vent.

Tu penses très doucement
aux paysages.

Sur ton visage, passe le temps

tu es écorchée par le vent.

Du sel que contient la mer
et des vagues dans l'océan
ne pense rien.

Le manuel de fortune.

5 Décembre 2018 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Onze fleurs sauvages soufflent
sur la plaine désolée
souffrent

Caillouteuse et chantante c'est 
la plaine aux rivages
et le souffle

J'espérais, me dit-elle, construire une cabane sur la plaine.
Trois mois m'ont été nécessaires pour l'atteindre.
Mais la plaine semble refuser qu'on l'investisse.
Je ne trouve ni bois, ni cailloux.

J'ai oublié la longue ficelle.

J'ai abandonné mon sac il y a peu
Au bord d'un ruisseau. Il me blessait le dos.
Il contenait des clous, du pain et des rêves. Quelques
Manuels pratiques sur la fabrication d'abris de fortune !

Et le souffle
la plaine aux rivages
c'est caillouteux et chantant

Souffrent
sur la plaine, désolées
Onze fleurs sauvages, soufflent

La joyeuse.

2 Décembre 2018 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Parfois quand doute la féconde
l'estimée la joyeuse étourdie, tu
rappelles combien fortes les ondes
ont dû être et combien tu le crus.

Le passé a sa force / rien ne l'émonde
tu criais plus que nous ne l'aurions pu
quand nous ignorions la force de l'onde ;
puis tu vas et tu viens remerciant la décrue,

Tu pleures la féconde, l'estimée la joyeuse
étourdie, nous savons que lorsque les ondes
ont décru le passé a suivi.
 
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Poème à l'amie.

20 Novembre 2018 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Il y a

les cartes qu'on tire 
dans ces nuits étranges
la danse tout le soir
et les cartes dans le noir

Il y a 

les mots d'une amie
et ses bras quelquefois
sa pudeur
et sa voix

Il y a

le sommeil des années
puis les poèmes d'un âge
qui s'illumine 
doucement

Il y a 

une amie
le train et l'Europe
les distances et la
joie

Délicatesse.

15 Novembre 2018 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

traduction pour Jack Spicer

Dans notre lit le loup dort
qui va la nuit s'avance qui voit que
j'ai perdu une partie, je ne me souviens
plus quelle était-ce, dans le fumoir où s'avancent
les loups, les lutins et les aïeules, car leur tricot terminé

Exige une grande journée. Dans notre lit
une fillette a perdu la vie, le lutin le sommeil et
la nuit j'ai retrouvé le tricot de l'aïeule et la morsure du loup
beaucoup auraient donné leur vie pour retrouver une nuit, mais
personne n'y croyait. La fillette le lutin et l'aïeule parlaient du tricot

Le commentaient, lui donnaient des notes
aberrantes et différentes, plus qu'un loup n'aurait
su croire. Dans le fumoir où j'ai perdu ma journée, où
je t'ai rencontré·e, toi le loup l'aïeule la fillette ou le lutin, 
ou le lutrin. J'ai perdu le sommeil dans notre lit, ou bien qu'est-ce

que la vie.

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