Le Secret magnifique.
Je me suis résolue
– c'était une voie nouvelle –
à aider un pauvre diable, chaque fois
qu’on me le demanderait.
Le courant alors irriguerait
la lampe de salon qui deviendrait
icône et sûre.
Le premier diable ne me connaissait pas
le second, non plus. Qui voudrait d'une
telle manière, vivre. Isoler le courant
d'une lampe, pour qu'elle brille mieux...
J'ai marché longtemps sur un chemin terrestre
Où les pervenches penchaient, tandis que tout le reste
N’était que diables, et que diablesses.
La bibliothèque de Kathy A.
Elle est retrouvée ! Quoi ? L’éternité, c’est la mer allée…
A. R.
Cervantès a écrit un livre dont l’héroïne est une chevalier, Don Quichotte ; d’avoir trop lu les romans de chevalerie, la chevalier adopte une vieille rosse comme alezan et part à la conquête des moulins à vent (non, des géantes).
Lorsque Madame Woolf est morte, on s’est rendu compte que ses poches étaient remplies de cailloux.
La sœur de Shakespeare était-elle la plus grande poétesse que la Terre ait jamais portée ?
La vilaine petite cane espère encore qu’un jour ses sœurs l’acceptent.
Jean Valjean est une drôle d’héroïne : tour à tour bagnarde, voleuse de chandeliers, mère d’enfant ; elle change d’identité à toutes les pages du livre.
Qui a écrit ces vers… « Ô temps suspends ton vol »
Les Académiciennes rédigèrent un dictionnaire, mais la grammaire prévue lors de la constitution de l’Académie n’a jamais vu le jour.
Rousseau, paranoïaque et affaiblie, s’est retirée au bord d’un lac pour rédiger la première œuvre autobiographique jamais écrite par une prolétaire.
On imagine sans peine Valérie Solanas accomplir son grand-œuvre dans l’exécution d’A. Wharol.
De mémoire de femme…
Césaire, Senghor, Damas, sont ces grandes autrices de la Négritude qui surent réassigner les mots de la Tribu.
Dieu nous a toutes faites à Son image. Louons-la par actions de grâce.
Sappho, qui est-ce ? A-t-elle gouverné Lesbos ?
Elles vécurent heureuses et très longtemps.
La première fois que Bérénice vit Aurélien, elle le trouva franchement laid.
Le tapuscrit de Sur la route a été dactylographié sur un seul rouleau par une Kerouack complètement ivre. Quel livre ! Quelle femme !
Aujourd’hui, des femmes de toutes les nationalités et de tous les âges prennent la parole pour dénoncer les violences qui leur sont faites.
François Bon : « Eh, les filles ! Du cœur à l’ouvrage »
C’est peut-être pour cette raison qu’elles lui envoient leurs livres en service de presse. Elle les dézingue parfois mais le plus souvent les encense.
Les autrices de P.O.L. sont peinées de la mort accidentelle de leur éditrice… Il manquera, c’est sûr, la lectrice la plus pénétrante de la littérature française à notre paysage.
Quelle joie, mais quelle joie, écrire.
Les autrices du descriptif de bac de Kathy appartiennent à toutes les grandes époques de la littérature française : de Villon à J.-P. Toussaint en passant par Racine et Balzac, elles traversent les époques.
« Elsa danse et dansera », écrit Aragon dans ce très beau poème qui relate les premières années de vie commune de ces deux immenses écrivaines.
Sur Internet, explique Kenneth Goldsmith, la question de l’auctorialité se pose différemment : qui de la femme ou de la machine produit les textes de littérature ? La lectrice, en cliquant, supplante-t-elle le travail de l’écrivaine ?
Mes amant·es.
À l'époque où fut écrit ce texte, de nombreuses écrivaines et poétesses du forum des Jeunes Écrivain·es, à l'instigation de Jasmin qui fut la première, se mirent à écrire, sous formes de courts médaillons, des portraits d'amant·es. Emportées par ce flux, nous étions nombreuses à penser notre rapport aux corps, des corps d'hommes et de femmes que nous avions désiré, touché, ou qui parfois nous avaient fait violence. Je me suis contentée d'un poème en 5 étapes cruciales. Des écrivains, des poètes, écrivirent à l'époque des "aimants", ou même un manifeste "contre la baise".
Ai-je eu des amants, moi ?
Il y en eut cinq.
1.
Au cours d’un rêve, une femme sans visage m’a prise dans ses bras. Son étreinte baignée de lumière fut mon premier plaisir. J’étais consolée du drame qui se nouait en moi ; il me devenait possible de tuer le monstre qui avait pris possession de mon cœur, et aimait les femmes. Car le monstre n’est pas un monstre.
2.
E. m’a donné un baiser dont je ne voulais pas, et que j’ai pourtant accepté. Mes lèvres ensuite brûlaient – dans le regard de la foule, je les devinais rouges, comme une plaie.
3.
P. m’a guidée à distance. Avec beaucoup de réticence, je touchais les parties de mon corps qu’il me disait de toucher. Je les prenais en photo. Je sais gré à P. de m’avoir fait découvrir mon corps, bien que ses intentions n’aient pas été charitables. A temps j’ai su me dégager de son emprise et reprendre possession d’un corps que je connaissais mieux.
4.
J. a été le premier à me pénétrer. Son sexe énorme et bleuté me fascinait. Cela nous prit plus de six mois. Je ne savais pas nommer ce qui était à l’œuvre ; mon corps entier se liguait contre une intrusion que je croyais désirer. Pendant les six derniers mois de notre relation, nous pûmes faire l’amour ; la pénétration était un déchirement répété. J’étais atteinte d’une sorte de malédiction : mon hymen déchiré se recousait de lui-même pendant la nuit.
5.
J. m’a offert le premier rapport sans douleur, et sans plaisir, de ma vie. Plus tard, il m’offrit mon premier orgasme. Aujourd’hui, il éveille des parties de mon corps qui, six ans après notre rencontre, se manifestent pour la première fois.
Bien sûr.
Bien sûr, l’île est verte et bleue
Elles s’y promènent, à la queue leu leu
Ce n’est pas un songe, pas une rêverie
Ou alors, c’est une rêverie matérielle.
Je t’en parlais hier au téléphone, à la question
« Où es-tu », tu répondais : bien sûr,
L’île est verte et bleue. Nous nous y promenons
En file, et nous ne rêvons guère.
A l’extrémité du fil, tu parlais hier :
« Nous avons construit une cabane.
Brûlé du bois. Ramassé les fruits tombés,
Trop mûrs pour la saison. Le soleil rougeoie
« Et nos peaux, tu sais qu’elles sont fragiles,
Brûlent. Nous n’avons rien de nécessaire,
Mais nous nous débrouillons. Merci de m’avoir
Appelée ». Et, bien sûr, tu as raccroché.
Je n’aurai plus de tes nouvelles.
Tu es si distante ; alors, je t’écris un poème :
Dedans, tu marches avec elles, et ta peau brûle.
Je t’aime.
Parfois.
Parfois, c'est comme ça, j'ai très envie d'écrire
Je boufferais mes doigts le long de mon clavier,
Quand, c'est comme ça, j'ai très envie d'écrire.
Peut-être des ritournelles ou des refrains débiles
Des chansons, des paroles, des vers qu'aucun ne suit
Et pleurant toute leur bile, amas de mots et points
Des loriots, des images sans rythme ou bien des rythmes
Sans images, sans aucun pouvoir, parfois, c'est comme ça,
J'ai très envie d'écrire. Je tape sur le clavier.
Tomber.
Demain, je tombe amoureuse.
Contre ton corps qui s'élance,
Je tombe, à la margelle, je tombe,
Je m'accroche, bien sûr, mais je tombe
Amoureuse. Demain, tu me prends
Ne me lâche pas, je tombe contre toi,
Contre ton corps qui s'élance, car
Demain, je tombe amoureuse.
Morceaux de .txt foutus là.
l’imaginaire paysan de genet (interférences de l’enfance)
l’érotisme de genet
les langages mêlés de genet
les avatars de genet dans la fiction
genet et la chrétienté ; le goût du blasphème et la foi naïve (l’enfant et le voyou superposés)
le corps chez genet (+ attitudes corporelles, ex p40 Querelle)
J’aurais aimé, au terme de cette aventure, jeter bas mon cheval
Et si le cheval bouge encore
l’assommer
très fortement.
www.implications-philosophiques.org/actualite/une/auteur-ou-acteur-du-web/
Quauhnahuac quel joli mot
Quel joli mort que mon ami
inclure du tissu ? voir des Esseintes parlant de la plaquette de mallarmé
Je ne suis pas bien sûre
que ma poésie
rude et austère
saura te plaire
mon coeur est bleu, le monde immense
Tu as mis des ailes d’oiseau / au front de la terre
c’est minuit, c’est Paris, et j’y brûle
et j’ai compris que j’allais vieillir
que les jours s’effeuilleraient
La gueuse
le funambule
les faux-monnayeurs
le blé noir
la pie voleuse
œuvres qui jouent le rôle de pôles d’attraction, dont on suit l’élaboration à la manière feuilletonesque (ex : Clément de Pandé, Le corps de Jasmin, p-e la Dissertation d’Aomphalos)
FINAMOR
dimanche, marché aux vieux livres, parc georges brassens
Pinky, EliaKazan
Portrait de femme, Jane Campion
Spoiler:
Baudelaire, Femmes damnées:
Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté!
Boileau, Satires:
Maudit soit le premier dont la verve insensée
Dans les bornes d'un vers renferma sa pensée
Et donnant à ses mots une étroite prison
Voulut avec la rime enchaîner la raison
les fleurs sont fanées depuis quelques jours, mais, tu vois, je les garde. il demeure ainsi comme un souvenir, un spectre, une habitude. toutes les fenêtres sont closes, le vent n’entre pas dans la maison, les visiteurs transitent. tous les jours j’enfile une robe et, cérémonieuse, les accueille, les entretiens de choses et d’autres, leur souris s’ils sont seuls et tristes ; ils partent le soir, et
C’est la nuit
Qui nous dicte
Son menuet
Personne n’a fait sa thèse sur eux! Ce sont des niches!
saint pol roux
pierre albert birot
ribemont dessaigne
Orphise est née avec deux bras en trop.
Marcelle Sauvageot : Laissez-moi
Paul Scarron : Le Roman comique
Egon Schiele : Moi, éternel enfant
Marcel Schwob : Vies imaginaires
rue du merveilleux
ou de la panique
Graphes.
Elle s’intéresse d’abord à ce qui chante
Puis à ce qui rampe, et marche sur les branches
Elle a l’esprit tourné comma ça
Un arbre
Lui est venu en tête
Elle s’intéresse aux vertébrés, aux loups
A tous ceux-là qui rongent
Carottes et hellébores.
Elle plante ensuite les graines,
Et passe, et passe,
Parmi tout le jardin.
Le féminin est un neutre.
Elles lisent un roman d'Anne-James Chaton et se demandent si c'est un roman
Elles se griment et n'en souffrent pas outre mesure
Elles ont un grain de beauté et le font surveiller
Elles ont les mains pleines de bagues achetées en vacances
Elles font le marché avec circonspection et rêvent dans les files
Elles apprennent leurs leçons de mathématiques et de grammaire, de géographie
Elles vont et viennent sur l'estrade et dessinent des schémas
Rien ne les affecte
Elles reçoivent les honneurs avec beaucoup de vanité
Elles ne lisent pas les moralistes du XVIIème siècle
Elles chantent tout le matin dans les branches
Elles en font trop mais n'en mènent pas large
Elles ont créé les machines et les théorèmes du siècle
Elles ont vaincu l'ennemi mais ne s'en souviennent pas
Lorsqu'elles pleurent elles les consolent
Elles ont un corps du tonnerre !
Elles font parfois aussi des choses répugnantes
Elles prient dans les monastères mais pour de faux
Elles font du ski en Haute-Maurienne et encombrent les pistes
Elles brûlent lentement sur les bûchers du Moyen-Âge
Elles font ce qu'elles attendent d'elles tout sauf mourir
Elles ont vu le loup pourrir sous les orties
Elles vomissent le vin de la nuit
Elles creusent des fossés et alertent les sentinelles
Elles hurlent dans les coquillages
Elles lisent un roman d'A.-J. C. et se demandent ce que c'est,
De la poésie,
Poème à l'autre amie.
J'aime ta petite âme qui tremble.
J'ai touché quelquefois tes épaules, et serré ton visage entre mes mains. J'ai longuement caressé tes cheveux qui, dans les moiteurs de l'alcool / de la drogue, collaient à ton front. J'ai respiré ton odeur dans la paix de ces moments.
Quelquefois, j'ai pleuré et souffert de tes larmes et de ta souffrance – moi qui ne ressens rien, ou si peu de choses.
J'ai éprouvé ta force radieuse ou le gouffre de tes nuits avec la même intensité. La voix sans voix, le corps sans corps, les yeux qui s'efforcent de disparaître.
J'ai vu ton corps se cogner aux meubles, chanceler, danser, tomber puis repartir.
J'ai vu tant de choses, et si peu de choses à la fois.
Je t'ai aimée et je t'aime.
Tu as beaucoup parlé, cachée derrière une bouteille de vin. Puis tu t'es tue.
Tu dansais sur la corde raide lorsque nous nous sommes reconnues ; voix sans voix, âme de lumière.
Tu disais que tes poches étaient trouées, que l'infini coulait à travers. Tu disais tant de choses.
Tu me tendais un miroir, avant de le briser joyeusement. Quelle drôle de fille !