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Articles récents

anthropologie.

2 Septembre 2018 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Ce qu'on ne dit pas c'est qu'on détricote le monde
qu'à l'heure où toi tu chantes nous n'en sommes que les ombres. 

Nous traversons les siècles mais nous t'avons menti. 
Vient l'heure où tu menaces qu'un grand loup vienne au monde.

Tu ne viens pas de choir mais derrière toi traîne une ombre,
tu connais la prière.

Lové dans le temps c'est pour toi que l'on nomme
les objets les fleurs, la nuit profonde.

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Les arbustes.

31 Août 2018 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Ici, tout dort.
Tout abandonné, le silence se fait.

Personne ne me venait en aide parce que mon chagrin était réel

C'est un processus long et lent
Ne t'inquiète pas

Beaucoup d'hommes sont passés par ce chemin et n'en reviendront pas.

Ici, tout dort.
Tout abandonné, le silence se fait.

Jamais les arbustes ne repoussent car les calvaires remplissent tout. L'horizon

Personne ne me venait en aide 
Parce que mon chagrin était réel

Beaucoup d'hommes ont fait beaucoup de pas, ont vu des calvaires.

Le chemin fait pas à pas, c'est
Parce que je suis une chose lente et je me déroule.

Les choses sérieuses.

1 Août 2018 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Il existe des choses sérieuses.
Le vin, par exemple, que boivent les hommes.
Ou les secrets. Les oiseaux. Ma violence.

On les mélange, dans un tonneau, auquel on ajoute :

- trois sarments ôtés aux vignes, à midi
- une brassée d'ailes et de museaux
- ce qui nous lie, en-dehors de l'amour

Bien sûr, ce n'est pas la potion optimale.
Je n'en ai jamais su la recette, mais,
Lorsque tu pleures il me vient des idées...

 

FINAMOR vous répond.

30 Juillet 2018 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Je ne suis ni Cardenio, ni Roméo, ni tous ces amants stupides
qui croyaient qu'entrelaçant nos cheveux de menthe ou de lilas
nos corps graciles de mésanges, de colombes et d'anémones
ils nous rendraient patientes, assez, pour répondre à leurs
petits poèmes idiots.

Lorsque je m'accoudais à la balustrade, folle éprise de Myrtocleia,
douze jeunes puceaux accouraient, la lyre au bras...
Myrto, timidement, restait cachée sous le fourré
et j'espérais en vain le doux ruissellement de son corps.

Alors oui, je vous parle de mon shampoing et de la musique que j'écoute
Je suis prosaïque. C'est à Lesbos, à Myrto que je réserve
la fine fleur de mes métaphores
et le balancement sacré de mes hanches.

moi FINAMOR seule digne poétesse, je le déclare :
:flower:

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Le secret des oiseaux.

21 Juillet 2018 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Les oiseaux ont un secret.
Celui des branches qu'ils colonisent
Ou de la feuille, qui est l'ornement de leur nid.

La musique, ou la douleur, 
Sont un repos pour une âme comme la mienne.

Tourmentée et poreuse.
La pierre du granit n'est issue que d'une très
Longue tradition géologique.

Les humain-es, dans le plus grand secret,
Font bruisser les montagnes et le font si bien
Qu'elles s'effondrent, sur elles-mêmes.

Comme des géantes.
Trop tourmentées par les âmes,
Comme la mienne : poreuses et granitiques.

Version 2. 

 

Les oiseaux ont un secret.
Celui des branches qu'ils colonisent
Ou de la feuille, qui est l'ornement de leur nid.

 

Ils s'en vont, et puis volent
Et ramènent à leurs petits
Un rameau lourd orné de feuilles.

 

Par amour, les oiseaux voyagent ;
Ils traversent les pays. Voici un présage
Au ciel qui s'éparpille.

 

Par ennui, les voilà fixés :
Sur la branche d'un acacia
Ou sur le toit du monde.

 

Mais rien ne nous dit
Qu'au ciel, où gîtent les oiseaux,
Une porte nous soit ouverte.

Les vagues.

15 Juillet 2018 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Je suis nerveuse comme au souper du roi.
Perdue comme à la mer, heureuse depuis ce mois.
Comme à la plage, je me retire, une eau qui stagne et va mourir.
Bien fière, habituée, à ce que sous la cheminée, le lustre aille s'effondrer.

 

Lentement, la vague
Epuise à sa manière, le sable. 
Je vais, je viens, je traverse. Au foules 
Je dis ce que je veux. Je ne vaux

 

Pervenches, colchiques, j'invite toutes les fleurs
C'est le sol – la jonchée, passage du christ en moi.
Est-ce le Christ en croix ? La vertu des foules en un bouquet
Je parle des vagues pour que ce lustre s'effondre, bien trop habituée.

Les angoisses.

26 Juin 2018 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Mathilde :

« dire que je suis née, j'avais ce grain de beauté
derrière le cou, tombé ; j'espère en la matière
qu'en mon décolleté, la matière d'une vie fut mienne »

Matthieu :

« miens c'étaient les paysages sous la vitre, les trains
et toutes les vacances, je partais, avec toi maman
et toutes nos affaires emballées, dans un panier
d’osier »

Noémie :

« osier de la poupée de mamie, dans le grenier
j'ouvrais les malles de mes parents, leurs jouets
avaient le visage fané. mes barbies faméliques
brillaient »

Thomas :

« nous n'avons d'anniversaire qu'un tournant de
siècle, nous sommes les porte-paroles de l'His-
toire à l'école on apprend que la guerre est
terrible »

Anaïs :

« terrible terrible terr-
ible, la guerre est terrible
la pollution la mort et la poussière
la maladie des anges le grand vent de la Terre »

Yassine :

« nous nous tenons par la main 
nous sommes l'espoir pour demain
le fruit pourri tombé de la main des adultes »

Emilie :

« nous sommes des féministes 
les détenteur-ices d'un message de paix
et d'amour... »

Julia :

« quand j'étais petite je me croyais grande
et depuis que je suis grande je ne sais plus rien »

Quentin :

« comment prendre ma part de ce concert de fin de siècle ?
né-es en 90, 91, 96
j'ai tout lu et tout vu  »

Après avoir dupliqué ce procédé à l'infini, les derniers enfants du 2e millénaire se sont tu-es.

 

L'élue.

9 Juin 2018 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

J'étais l'élue

J'en tremblais. Tous les présages concordaient.
La Pythie hurlait mon nom. Une heureuse couronne
ceignait mon jeune front. 

Les colombes sillonnaient la mer et le ciel
Et mes bras d'airain soulevaient sans peine
Ce poids du monde.

J'étais, alors, l'élue.

Tu en tremblais. Ta sandale dorée martelait
le pavé du monde, du ciel, de la mer.

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La bruyère sur le sentier.

12 Mai 2018 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Et parfois je me dis que j'avais trop rêvé
les fleurs les œillets et l'espace d'un été
les hortensias les lavandes et la bruyère
les mensonges dans la nuit les roses et le lis
dans le millepertuis un œil luit de colère
renoncules et chardons, l'ancolie réservée
douleur de l'astragale ou de la digitale, 
naïve comme une odeur dans un flacon, pensée
un souffle échappé, gentianes et myosotis c'est l'été
et tu marches sur le sentier espérant retrouver
la douleur d'un été d'un œil trop cruel prêt à te
dévorer, dans les fleurs et le drap d'un hôtel trop
rêvé, pulsatille et primevères, la violette des marais.

Première crise de nostalgie.

11 Mai 2018 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Miette

Je me souviens : l'excitation, l'odeur de la sueur et du talc, la nuit remplie d'étoiles dans laquelle nous courions pour contourner la salle, les vestiaires surchauffés, plein de sacs, de filles échevelées et de maquillage écrasé, les mamans qui nous tiraient les cheveux pour que nos chignons soient parfaits, les dernières mises à jour des costumes avec cette aiguille qui traversait le tissu pour rencontrer la peau, les grands miroirs où nous admirions nos visages grandis par l'eye liner, le mascara et le blush, les épingles noires et longues qu'on trouvait partout sur le sol et qui servaient à consolider nos coiffures, les filles qui hurlaient de rire en vous projetant leur bombe de paillettes sur le visage, le cœur qui bat quand la chorégraphie précédente s'éteint tout doucement, les chuchotements et les bousculades pour aller se placer sur la scène, dans le noir, cette conscience immense des centaines de regards pour l'heure aveuglés, la musique qui commence comme un cœur qui bat, qui bat, et la lumière intense des projecteurs qui graduellement se lève, la position maintenue et tout d'un coup le groupe qui s'éveille, puis la danse, cette certitude que chaque mouvement doit aller au bout de soi, cette mémoire involontaire du geste et cette pensée dans les doigts, les pieds, les projecteurs qui vous aveuglent et les visages indiscernables du public, le sourire qu'on maintient sur un visage qu'on fabrique serein, le rythme, les pauses, ce porté qu'on redoute et qui vient, qui s'achève sans trop de heurt, puis la musique qui baisse, la position qu'on tient, les applaudissements dans la lumière qui revient, ce pas de course gracieux qu'on a appris à cinq ans et qu'on récite pour venir se placer en ligne, les mains dans les mains, les bras tendus au ciel, le cœur qui bat cette fois de joie et d'essoufflement, la course dans les coulisses, les "alors ?", les filles qui parlent excitées, puis plus tard le final, toutes les danseuses, et parfois le danseur, sur scène, des mouvements très simples mais impressionnants d'être dupliqués à l'infini, et à la fin, retrouver ses proches dans la cohue de la foule sortante, fière et grandie devant les parents qui vous ont trouvée, naturellement, la plus gracieuse, et cette marche excitée sous les étoiles tendues, vers la voiture garée au loin.

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