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Articles récents

Le sentier.

4 Mars 2011 , Rédigé par lesmiettes Publié dans #Miette

Sebir et Ariane gravissent un sentier qui mène au ciel. Les cailloux ronds glissent sous leurs pieds et fond des roulis-boulants jusqu'en bas.

Plus bas, trois colchiques et deux tournesols levaient des yeux faibles vers le soleil sans rayons, alors Ariane a cueilli des fleurs. Et les a tendues à Sebir qui s'en est fait une couronne de prince. 

Sebir sourie comme un roi et ses dents tombent à terre, mais puisqu'Ariane les ramasse, ils ne trouveront pas le chemin du retour. Vers le ciel il n'y a pas de retour.

Autrefois Ariane était belle, elle sentait bon, une note vanille et un pincement de femme. Alors Sebir l'a prise sans miroir, il n'a plus le temps de la beauté, de ces frelons qui gênent les pas.

L'ascension est monocorde, une seule teinte et plus de fleurs. Quelques silhouettes hantent les bas-côtés, mais il faudrait imprimer aux regards une torsion, du biais, si l'on voulait les saisir. Hélas, ils sont droits! Et glissent en haut.

Ariane a déchiré son panier de fraises, et par le trou, elles tombent et font des taches sur la cuisse d'ombre de l'homme. Sebir se penche et lèche sa cuisse, il regarde Ariane et lui fait signe. Elle n'a pas vu.

Au-delà déjà, elle est arrivée sans lui, elle aperçoit un rassemblement, quelques vieillards aigres que la vie a changés en flaques d'eau. Elle rassemble leurs toisons et les tresse en étoiles. 

Sebir est tombé au fond d'une minuscule fosse. Ses deux jambes brisées l'empêchent de ne pas mourir. Il en appelle aux archanges et la chevelure d'une nymphe le recouvre, Ariane n'est déjà plus qu'un soupir là où il saigne. Il crie pourtant.

Ils voulaient partir en voyage vers le ciel et ne s'étaient pas vraiment concertés. Ils pensaient que le sentier y menait, vers ce ciel. La voix de la morale hurle qu'ils se sont fourvoyés, mais un moineau porte une miette entre ses griffes et déchire la voix, la morale, et même Sebir.

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Glissade.

1 Mars 2011 , Rédigé par lesmiettes Publié dans #Poème

C'est l'envol des bannières

La glissade profonde 

Les yeux me ferment 

A la seconde

 

Trois gouttes font -plic, ploc

Trois coups brisent les gonds

Une tête en fête glisse sous (quoi?)

Tsunami, vagueux tsunami

 

Ils ont eu raison de la déraison de la parenthèse qu'ont mes yeux piquants

 

Je cherche un reflet dans l'eau

Des claquements gris citron,

Vois flotter le reflet

De l'eau en éventail

 

Refrain du jour qui plonge

(A la dérive)

Ego mon amie, que caches-tu sous ma peau? 

Fripes-tu les secondes?

 

Comme une carpe des ouïes profondes 

Brouillent à la seconde

La nuit tiède.

27 Février 2011 , Rédigé par lesmiettes Publié dans #Miette

C'est la nuit. Plus un son, du vrai foutage de gueule. A croire que le monde retient sa respiration et m'observe. Je sais ce qu'il veut, le monde. Que mes neurones entrent en collision et hurlent leur frustration. Et que mes tripes se tordent avec l'amer, et mon sang coulerait. J'ai tué hier. Pas grand-chose finalement, une arme prise au hasard, une victime cliniquement choisie selon  quelques critères d'homme sérieux (le poids et la taille qui laissent augurer la courte vie). Cela occupait ma soirée d'une façon plaisante. De l'original - la fuite de la médiocrité, de l'affreuse banalité. Ce n'est qu'un symbole (je ne sens rien, rien du tout dans mes tripes). Et la nuit est inquiète, je sais. Elle n'aime pas les vrais monstres (ceux-là qui ne ressentent pas), elle préfère les cris de douleur et l'Absolu. Je cherche profond, je creuse sous le crâne des sillons tristes, mais rien ne sort qui puisse être comparable à la douleur (ou au moins à l'exaltation des fous).

Peut-être ce pincement sous l'omoplate… Mais à quoi ressemble t-il? Aucun des sentiments de la gamme humaine ne m'évoque ce pic intentionné. C'est ça: je tue, une vie s'évapore, les autres hurlent la rancoeur, et moi, un picotement qui n'est même pas le quart d'un frisson. Pas de honte, juste ces mots qui cherchent, qui grattent sous la peau, j'imagine que je n'ai pas le courage de mon insensibilité, une éducation qui colle à la peau… Des relents de chrétienté.

Et puis quelle importance? C'est seulement pour moi que la nuit s'est tue. Quelques minutes en arrière, des camions gémissaient leur fumée, encore. Alors je lui dois cette minuscule parenthèse ouverte sur mon humanité (c'est le mot ridicule qui désigne ce que je creuse). Une vieille chèvre se met à bêler - mais, c'est dans mon coeur. Elle ne veut rien dire. J'entrevois ses petites cornes qui grattent la paroi de mon torse d'homme innocent. Des voiles me tombent sur les yeux et caressent de toutes leurs forces, une étoile tombe du ciel et je sens la pesanteur du sommeil.

C'est comme ça que tout devait se finir. En nuit-sommeil. C'est presque médiocre de ne pas réussir à poser ces mots simples sur des choses tordues. Voilà. Zzzz. Et tic et tac.

Alice

27 Février 2011 , Rédigé par lesmiettes Publié dans #Miette

Alice baisse les yeux, mais elle n'est pas humble.

Elle baisse les yeux sur une petite feuille de papier recroquevillé, si honteux, ce papier, qu'il ne laisse échapper que de brefs relents jaunes. Il vient de Londres. Ce n'est nulle part écrit, il n'y a d'ailleurs pas le moindre mot qui ne bouillonne la page pliée. Mais Alice reconnaît l'odeur londonienne, un peu de sang mêlé de sulfure, une odeur triste et vive à la fois. Elle se souvient les années de Londres, où des bombes creusaient des tunnels fleuris, où des enfants violaient leurs moutons en peluche. Elle n'avait pas compris. Cela ne lui laissait sur la langue que le goût du mot guerre, des frissons interdits et mouvants.

Quelque part une voix hurle son nom (celle d'un homme aigre qui lui prépare des mouillettes pour accompagner le thé qu'elle ne boit plus). Alice ne veut pas rejoindre l'homme. Elle préfère les lampadaires, elle regarde celui qui dresse sa carcasse orangée sur un terre-plein d'église. Et marche jusque sous lui. Le petit sacristain a ciré l'ampoule morte. Agenouillée contre le poteau, Alice l'enlace et laisse glisser le papier à terre. Il se met à palpiter (sans doute n'est-ce qu'un effet d'optique retors), et des mots coulent sur quelques brins d'herbe. "Orgueil" est en boucles et en beauté et piétine "misère" qui n'a revêtu qu'une vieille pèlerine grise. Alice soupire et ferme les yeux. Derrière les paupières un petit cinéma mondial se met à grincer et apporte des images. Londres défile, la tour et la roue, une route délabrée, un chien mouillé par le crachin tellement anglais. C'est si laid. Qu'elle brusque les images à les faire devenir une route éclairée comme sous une lumière artificielle, violente, crue. Un fleuve déborde sur la route, elle ne se souvient pas encore pourquoi. C'est son chemin qu'elle imagine, plus tard, mais Alice connaît la précarité des choses. La vie légère et funambule. 

Le papier a suinté une telle quantité de mots vains qu'il tremble sous les doigts d'Alice. Elle ouvre des lèvres de faim et l'engouffre. L'acte charnel par excellence diraient ceux qui portent favoris et complets très élégants.

Un nuage s'avance et crève par là au-dessus. La petite robe à pois mouillée laisse deviner des formes creuses, Alice est maigre et n'a pas peur du vide.

Elle n'est pas humble.

Elle est jolie.

Alice.

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Suzanne et les étoiles

27 Février 2011 , Rédigé par lesmiettes Publié dans #Nouvelle

Suzanne aimait tendrement Paul. Ce garçon cousait des étoiles à son gilet clair et embrassait la jeune femme sous de corpulentes lèvres d'homme. Quand une musique populaire embrasait leurs coeurs trop jeunes, il la prenait par le bras droit et valsait avec elle. Des heures hors de toute ligne droite (on prenait ces visages d'extases pour ceux de fous, ils baissaient leurs yeux sur un monde d'ailleurs).

 

Paul fût pris par l'Histoire terrible, contre laquelle même les philosophes ne peuvent hurler leur frustration qu'à voix basse. Un train l'emporta très loin, mourir sans doute, et Suzanne marchait sur des quais vides. Elle cachait ses cheveux sous un châle de veuve et la nuit parlait aux étoiles. Les plus petites, elle les appelait Paul, et les très grandes, elle les nommait Paul. Il n'y avait de Dieu nulle part -même pas caché au creux de sa poitrine.

 

Elle rencontrait des hommes tristes qui baissaient leurs pantalons et ne croyaient plus qu'au plaisir - encore que ce fût vaguement. Jamais elle n'acceptait qu'ils ne lui consentent leur nom, il n'y avait de lettres que celles de Paul qui puissent désigner l'humain. Paul! Mais jamais avec la voix.

 

Suzanne ouvrit un jour la porte à un malheureux. Une victime entourée de bandages et de larmes sèches qui ne demandait rien, rien que de s'asseoir. Elle lui glissa sous les genoux un petit tabouret peint d'écailles et le regarda de loin. Paul, pensait-elle.

 

Le malheureux resta. Il vivait, c'était déjà une lourde tâche. Quelquefois il épluchait une carotte et contemplait longuement la pelure orangée qui lui pendait entre les doigts. Rêche et froide, c'est d'un indicible à lui seul accessible qu'il s'agissait. Suzanne comprenait cela. C'est en parlant aux étoiles qu'elle approchait le mieux de cet état.

 

Un jour un homme de loi culbuta la porte. Il n'avait pas la délicatesse qu'avait mis le jeune homme à effleurer le bois du doigt, il n'avait pas non plus le désespoir d'un homme fini. La porte s'est brisée. Un grand craquement a traversé les tympans sensibles, Suzanne a serré une étoile contre sa poitrine et le petit homme a fermé les yeux.

 

L'homme de loi voulait seulement savoir pourquoi la maison ne sentait rien, ni cuisines orientales, ni sanglots effrénés, ni discussions de politique et d'entités. On l'avait averti qu'ici le vide occupait trop de place. Il ne pouvait décemment laisser ce trou noir aspirer les honnêtes gens. Fier et coq, brandi de stature, il les a condamnées de lourdeurs, d'honnêteté très civiles.

Suzanne a du laisser partir le malheureux vers un autre bagne et refermer la porte, la recoller très maladroite avec des mains de veuve sèche.

 

Paul un jour est revenu. Il était si fin que Suzanne fût pleine de rires et grinça quelques minutes. Ils s'enlacèrent et se marièrent comme c'est coutume de le faire. Pour parfaire son trousseau de jeune fille, Suzanne broda de grandes étoiles sur des napperons affreux et remercia le ciel noctambule de n'avoir été que si peu de choses.

Des bris de globe

19 Février 2011 , Rédigé par lesmiettes Publié dans #Poème

Version 1

Les coups de pieds donnés aux globes font -Crac.

Après, les silhouettes ramassent les globes, à la main! Et soupirent, trois cris (les rires).

Des éclats dans une main, une tige à la droite, et les morceaux d'un Tibet qui giclent la Chine (sans douleur).

Silhouette caresse un bout d'encore, et sent l'absence d'encore, et veut marcher l'encore. 

Soupir glisse sur des restes vierges de forêts, des déserts qui nomment l'incohérence. Elle fait un tourbillon de vallées et d'océans, Silhouette aspire l'eau sous son doigt.

Une orchidée immense a fleuri l'ongle de Petite, s'enroule au plafond et pend sous les nez avides, souffle des parfums de livres sans poussières, une capitulation de l'encore.

La pièce-paquebot chavire sans mât (car clac,  et clac, clac), c'est la duègne qui crie les bris, des bris de globe...

 

Version 2

Silhouette a brisé un globe en ronces qui poussait sous la terre des voisins, ceux qui n'ont ni fleurs ni rien.

Silhouette a des éclats dans une main et la tige à la droite, un morceau oriental qui chevauche le Tibre romain.

Silhouette caresse le bout d'encore, elle sent l'absence d'encore, elle veut marcher l'encore. Ses yeux font des tourbillons de vallées et une boule d'Océan.

Une orchidée immense a fleuri l'ongle de Silhouette et saute jusqu'au ciel, la duègne claque un talon et crie les bris de globe. 

Silhouette appelle Soupir, Soupir dit les parfums de l'Europe, Soupir séduit Silhouette et passe un bras en boucle.

Le trou dans l'oreille. janvier 2011

26 Janvier 2011 , Rédigé par lesmiettes Publié dans #Nouvelle

Je ne sais pas trop ce qui est faisable avec une oreille de chat. Alors, et les chats de gouttière? Le mien a un trou, juste à la base, et quelques poils (de chat) autour. Parfois, j'y enfile une aiguille, mais il ne crie pas. Alors je peux passer des fils, et je vide toutes mes pelotes. Vu de loin, et il s'arrange pour n'être jamais à portée des mains (j'en exclus les miennes), il semble un mouton de poussière. Mais même le vent du mois venteux (septembre s'entend) ne suffit pas à balayer mon chat. Il s'accroche aux racines, ses griffes pénètrent l'écorce, et la tempête s'en va frustrée.

Il existe des jours brumeux où je ne discerne pas le trou. Et hier... Oui, hier! J'ai piqué l'aiguille dans son oeil-globule. Mon chat a crié très fort, je ne connaissais pas sa voix, et dans mon carnet de musique, j'ai noté toutes les modulations en sol dièse trois-quart de la gamme orientale (les orientaux affectionnent le théorbe). Seulement, ce chat a vu le jour sur les rives de l'Arno. L'Orient a déteint par pur hasard dans l'inconscient de son cri, cri, cri. Et s'il n'a pas d'ascendant chromatique, ce n'est que par effet de rejet culturel (certainement).

Si ce chat était un fin musiqueur. Je l'aurais épargné, peut-être même lui aurais-je recousu la cornée avec du fil noir. Mais ce cri! Passait outre toutes les convenances géo-spatiales. For heureusement, j'ai une voisine, elle porte le doux nom d'Ernestine. Ses cheveux chocolat lui font dans le dos des vagues, portées vers la droite, mais que sais-je de son peigne, de la poignée de son peigne? De la ramification de ses dents?

Ernestine, je ne l'aime pas. Et ce chat percé, qui suintait des poussières et quelques miettes, et ce cri oriental, ah! L'occasion belle, la belle occasion de me venger de ce désamour, et sur un plateau encore. Je l'ai glissé dans un sac en toile, un de ceux qui traînent dans les couloirs, et le minet ne s'est pas débattu, il faut dire que les torsions linguistiques qui permettaient la modulation du cri devaient capter le moindre des flux énergétiques qui le traversaient du haut en bas, ah.

Ernestine a un balcon qui domine la mer. Les vagues lèchent les barreaux, elle a posé quatre plantes vertes sur les côtés, et même, cela contrefait une allée. Le sac posé sur ma barque, j'ai ramé jusque sous ses fenêtres, tanguant avec simplicité, les pieds léchés. Et peut-être qu'elle ne m'a pas vu, mais quelle importance? Ernestine n'a ni téléphone ni amis, et j'ai englouti le chat sous la terre de son citronnier. Et ramé, ramé, ramé vers chez moi, et vite avec ça, c'est qu'elle est féroce ma voisine.

A l'assassin et au voleur, Ernestine a pris peur. Je lui ai envoyé quelques signaux de fumée, pour tout de même la rassurer. Courageuse et belle, elle a voulu me séduire, elle, je ne sais si cela résultait d'une volonté... Me faire fléchir? Sa robe a glissé, un torrent de larmes, en vierge éplorée elle me fixait, et la mer nous séparait, je n'oserais expliquer la pourriture qui émanait de la barque temporellement, puisque dix minutes en arrière je voguais sur l'océan.

Un cormoran a passé qui dans son bec tenait une plume, j'ai avec daigné griffer un poème sur une aile, quelque chose de pitoyable, quelque chose de vaguement érudit. Tout a plu à Ernestine, de la forme des voyelles aux rimes entre-croisées, je ne sais si du fond elle a compris ce que jamais je n'ai voulu dire, mais qu'importe. L'oiseau a reçu en compensation mon maigre chat, ses os, sa peau, et son trou.

On s'est mariés, peu après. Je ne sais si je dois en penser des tas de trucs, ou des clopinettes, des fables. Et toujours droite dans sa lignée de femme, Ernestine a choisi la plus longue de mes pelotes dévidées, celle qui au bleu mêle l'orange (mais la faute de goût n'entrave en rien le geste), et sublime a monté le tabouret de la cave et glissé la tête sous une poutre. J'ai plein de mon sourire-soleil écarté une mèche qui flottait dans ses sanglots, posé mes lèvres sur une omoplate et pris un pinceau.

Sur ma toile d'artiste j'ai représenté la mort, les pleurs et même le violet de son cou. Mais je n'ai plus réussi à esquisser les soupirs, je perds la main.

Coincée.

18 Janvier 2011 , Rédigé par lesmiettes Publié dans #Miette

Parce que je suis définitivement coincée, je glisse les doigts sous les murs, ça ne veut pas les soulever. Croire que vouloir suffit, je suis un visage de l'échec. Le hurler ne fera sans doute pas glisser les cailloux un peu plus loin, ils s'entassent comme confus sur deux pieds droits.  Mon dos penché en arrière, pour lever la tête plus haut que les soleils qui ne prennent plus qu'un visage, ma lâcheté prend la gorge, révulse les tripes et s'empare de ma voix, je suis perdue (dit-elle (la petite voix)).

Et même les mots de loin m'observent avec sur les lèvres la moue déçue de ceux qui croyaient, que vraiment, j'étais de ceux qui le mieux les caressait en tresses d'affronts. Ils refusent que la petite si nulle ne les saisisse comme autrefois, et dégringolent, fades et maladroits, obscènes de rater à ce point l'effet coloré.

Un cil sur la joue, et vaguement penchée au-dessus, une larme très lourde. Je ne sais pas, pourquoi, elle ne veut plus se tracer le chemin, il est ennuyeux de prendre les ombres pour des mondes, ce ne sont pas elles qui tracent ta vie, il faut se fier aux univers morcelés des autres. Et toujours, rester le pieds pendant et la jambe pliée à regarder de son ciel l'humanité sans sel. Pincer des joues les rend roses.

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Fruits.

15 Janvier 2011 , Rédigé par lesmiettes Publié dans #Miette

Ce n'est pas que les fruits paraissent des creux, mais presque. Admettons qu'ils n'aient sous leur petite peau que le vide, et sous ce vide encore, des mots. En glissant le doigt sous la tige du fruit, en atteignant la pulpe humide, je sentirais un creux sensitif, des mots sensuels. Peut-être même, et il ne s'agirait là que de sobrement fermer les yeux, ressentirais-je un claquement sous les côtes. 

Fils qui brouillent et grouillent.

11 Janvier 2011 , Rédigé par lesmiettes Publié dans #Miette

On retrouve sous les coussins des bagues perdues autrefois. Alors on s'interroge et ça ramène comme des images, le cinéma n'est pas si loquace.
J'ai mal mal mal mal au coeur. Et au ventre, c'est l'ailleurs dans mon corps qui turlupine les bruits de turbine. Et si au fond les mots sont absurdes, c'est de leur faute, je ne leur ai rien fait d'ailleurs. Et ailleurs, ceci pour la rime, la beauté immanente de toute chose, je m'amuse follement, on peut rire?
Un jour très loin, dans un pays sans couleurs (elles me font mal aux yeux, et j'écris alors je choisis, c'est important de le croire), trois pieds en terre ont grimpé leur corolle derrière un buisson. Le pauvre! Il n'avait pas de nom. Les bonnes âmes sont inconscientes. Je devrais toujours hurler: donnez-moi un nom, trois lettres, des ricochets! Sinon, BAM c'est comme un trou noir percé dans la nuit (qui comme vous n'êtes pas sans l'ignorer, est noire, mais entre ces deux demis-cercles (parenthèses) je ne voulais pas me moquer). Je prenais comme postulat que les couleurs ne soient pas connues, les couleurs que portent les choses sous leur bouche, et les couleurs qui glissent par-là.
C'est assez (cétacé, une grande baleine en fiole si déjà vous connaissez la rengaine). Mon pays imaginaire torturé sous des tonnes d'huile bouillante hypothétique n'existe pas. Mais je ne vous embrouille pas, vous le saviez déjà, ah ah ah. Je rajoute en haut un titre, ce sera: fils qui brouillent et grouillent (c'est ridiculement mal choisi, mais trop tard je l'ai mis). Je ne modifie pas, moi, je ne retouche pas, ce n'est pas de la volonté, c'est un accident de parcours, vous ne le saviez pas? Après nous irons danser la Séguedille. J'ai un pied sous tension voltaïque, qui craque dès qu'on le tend trop. Mais! Je vous mettrais dans la figure ma souplesse dure et ma grâce (on s'en doute) molle. La musique ce n'est pas très grand quand on s'en met plein dans les mouvements et que l'on tente la finitude, plus loin le doigt, plus tordu! Un sourire pour faire mieux que l'autre, ce rayon change presque les réalités cachées sous les crânes pas assez cultivés.
Les gens sont des larves. (C'est fini).

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