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Articles récents

Charabia.

12 Mai 2012 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Miette

Je ne sais pas encore la nuit

Je ne veux pas trahir

Jamais plus les grands lâches et leurs yeux fous 

N'auront de mon dos les mimiques sordides

 

Demain comme tous les jours tu te réveilleras

Les yeux plongés dans le noir et la bouche étrange et lasse

D'avoir la nuit entière tenu les ombres au pas

Oui demain comme tous les jours…

Tu te réveilleras

 

Déjà tu me manques

c'est adorable bêtise

J'ai marché oscillé rêvé et suspendu

A toutes mes lèvres une foule de fantômes

 

Je veux Dieu et qu'il m'aime

Que l'on se tienne la main

Pour conjurer la présence, au loin

Qui un peu gravement

Trop gravement

Manque à 

 

J'ai fait un pari de Pascal

Un sourire à l'envers pour le 

Mensonge

 

Je refuse de dire ce que je veux.

Un élan immense

Toutes les nuits je recouds mon visage

Je ne le veux plus

Jamais

faire

 

vérité, vérité

à toi tous mes silences

te consacrer l'étendue de mon enfance

ce n'est pas une ligne que je chevauche

ni une confession

Oh taisez-vous! tuez-vos gueules sur le champ, votre vacarme, vos voix béantes, me répugnent...

 

Mon corps s'il est étripé par mille mains terrestres

n'est pas encore champ de bataille

de cicatrices

à 14 ans le voilà prêt à la détonation

pitié au nom de Dieu

que je cherche

à 15 ans

et plus tard encore, je gagne

 

LA BATAILLE N'EST PAS FINIE

il vous reste d'aimer

et aimer toujours c'est trop

les montagnes se cassent la gueule

sur la ville

sur mes pieds

je perds l'équilibre

 

Un vertige

Un vertige

Je ne savais pas 

Que ce n'était que ça

Des vertiges

 

si je mens je meurs

mourir n'est plus mentir

A Jésus-Christ qui leur dira

tout son très joli charabia

Les brebis les agneaux perdus

offriront l'affront

de leur suicide dans les bois

dans les bois!

dans les bois

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Le mois de mai.

21 Avril 2012 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

À Jésus-Christ qui leur dira
Venez brebis venez danser
Ils répondront que le soleil
Au mois de mai n'a pas d'souliers

Et leurs pieds nus sur les orties
Sur les orties qui piquent et saignent
Galopins nus galopins d'or
Venez enfin que je vous peigne

À Sparte encore dans les faubourgs
L'un deux le grand le vif le fort
A dit je viens et danserai
Il est bien long ce mois de mai

comme c'est long

8 Mars 2012 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Comme c'est long cette nuit
comme ça dure et ça dure et ça traîne
ça ne remue même plus
tous les cris du monde seraient un mauvais soupir
une tragédie mal baisée
c'est ridicule de ne rien sentir dans les doigts
quand tu meurs.

voilà j'exorcise
à ma mesure terrible
d'enfant-siffleur

qui siffle qui siffle
tellement mal
qui siffle et parle
le ton bas… une mort coriace

Quand c'est si bas Qu'on dirait
Des milliers de cernes

J'irai dormir et demain : le soleil
Nous parlerons.
Du soleil et de la mort
Comme si c'était théorique
J'ai dit, chut, "rhétorique"

La très très grande forêt.

1 Février 2012 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Mais si j'y pense
C'est qu'il est déjà trop tard pour l'oublier Qu'il n'est plus de paupière à protéger
De l'immense lumière du tramway en bordure
de la forêt

le tramway bleu a distendu ses rails de part en part
Les hêtres engorgés
ils s'enlacent à la lune
et suent 
Et l'enfant qui aimable
Donne des pieds d'ombres
Immense!
à la forêt

Petit chemin oiseau siffleur
Au matin des roses exténuées
Je ne sais pas encore comment mes doigts
Se feront à la liane
Aux écailles
D'une habitude ou d'un reflet très long
Un habit de voyage…

"Petit tas de fleurs"
Des secousses
Des trau-ma-tismes
le tramway a laissé sur le côté
des lys des azalées 
jonché sur le côté
des larmes même pas tristes

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Les coquillages dans les coins.

30 Janvier 2012 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Nouvelle

Je les entends hurler. Et pourtant, non, je n'entends rien. Leurs visages ont pris déjà le rictus le plus proche d'une mort terrible, d'une mort non-consentie. S'il me les fallait pleurer, il me semble, ce serait de larmes blanches, qu'un petit filet âcre tracerait sur mes joues et au loin un soleil noir prendrait son essor. Je ne peux que faire d'images ma douleur, son nom porte la profonde pudeur de ce que nul ne sait vraiment.

 


***

 


Au hasard des jours j'ai sauté le muret à de trop nombreuses reprises, et le sable sur la plage, de l'autre côté du muret, cachait d'étranges coquillages marins, et mes doigts gourds le creusait pour le bonheur d'en déterrer quelques-uns, trois, quatre, aussitôt rangés dans le creux de mon veston. Emmeline m'attendait de l'autre côté du muret, un panier sous le bras, et lorsque la rejoignant je lui offrais un coquillage, elle grimaçait - pour qui sont les autres, Jean, pourquoi me fais-tu ça? Emmeline emmêlait une mèche à son doigt et l'angoisse rendait à son oeil une clarté que je lui aurais voulue plus souvent - ils sont pour d'autres filles, de moins belles, des vaniteuses en souliers doux.


Le soir je la déshabillais, caressais son dos, baisais une omoplate au hasard, et sous le drap elle se cachait - Jean quand je nage tu dois me suivre! Bien vite je la retrouvais, il y avait entre ses seins un creux où se nicher, entre ses cuisses une chaleur fade. Nous jouions au jeu des vagues et Emmeline pleurait de douleur, mille fois faîte vierge pourtant connue, ses yeux plissés - Jean, le soleil - puis encore elle me demandait de ne pas la laisser seule, et replongeant plus profond je butais sur le coquillage, glissé de ses mains-balbutiements, un angle cassé sans doute enfoncé dans la chair d'Emmeline.

 


***

 


Quand Jean partit sans Emmeline, celle-ci compta ses coquillages. Quarante-sept dans le panier, quelques-uns de plus partout étalés dans la chambre. Elle résolut que l'amour n'existait pas encore et ressortit ses robes de printemps, si jolies et simples, pour dans la ville se perdre et aller à de nouvelles rencontres.

Lui souhaitait de découvrir quelqu'un de plus essentiel, qui n'eût pas comme Emmeline un sursaut d'horreur et d'appréhension tous les soirs sous le drap, qui n'eût pas l'odeur polie de vieilles fleurs que balançait alentours la peau d'Emmeline, qui ne cacherait pas ses mots sous une longue absence désolée. Haussement d'épaules, gargouillis de ventre, Emmeline pleure. Soulier qui traîne sur le parquet, coquillage manipulé par des ongles trop longs, Emmeline qui encore le regarde ses yeux trop écartés trop humides et, trop indulgents. Ses cheveux se détachent sur le drap, forment des boules, elle semble s'excuser - Il me manque tellement de choses Jean, ma honte est… Une crevasse entre ses lèvres, l'épaule qui tremble, une chemise déchirée ou bien une tâche discrète sur la jupe, et Emmeline n'est plus rien même pas une présence vraie concrète.



***


Jean a buté contre un grand mur. Il y a ses doigts contre les aspérités qui palpent et une chose humide lui perce la main - c'est comme si soudain le feu avait oublié de brûler et comme s'il rougeoyait tout de même, d'une grande tendresse imprécise. Une petite clef sur le sol est tombée, le cling de sa chute a vite étouffé tous les autres grignotis de la roche. Trop de sous-entendus contenus entre son côté ouvragé et l'autre, des dents prêtes à ouvrir la porte pleine de noir et de poussière. Quelques pas mènent Jean à la porte, il pose ses deux mains, encore l'humidité, puis laisse se glisser la clef dans le trou, puis pousse légère la porte, une lumière derrière remplit l'espace, des feux de joie entourés de danseurs sauvages, nus et le nombril coloré en rouge. Une très grande femme vient prendre Jean par l'épaule, et sa main rouge et froide lui semble une agression, sans croiser son regard elle le pousse jusqu'au plus grand feu et le présente à quelques filles gloussantes.

La plus jeune a des tresses qui pendent et croque une mirabelle; Jean a soif et lui demande son fruit. Ses dents apparaissent, se font sculptées en scies, poisseuses, dangereusement ouvertes. Elle ne parle pas, sans doute est-elle muette, ici on ne parle pas. Elle lui lance le noyau qui bien fermement rebondit sur son crâne et d'une mince mèche de cheveux fait une traînée dégoulinante. Jean a le coeur prêt d'exploser, au bord de sa limite la plus lointaine, il est réduit à des choses, des couleurs, de minces ornements qui les uns les autres ne se tracent plus de sens.


-Rien n'est plus doux que mon petit chien, il va mourir.

Une fillette à la peau sombre berce dans ses bras un chiot maigre dont le museau coule; il est condamné à la cérémonie funèbre qui tout autour se prépare. Jean observe le feu et comprend que cela n'est plus la joie mais le meurtre et soudain tous ces gens se couchent au sol - les yeux fermés prêts pour la grande cérémonie. Jean inhale un peu de la fumée et soudain


Emmeline ses cheveux sont un peu gras. Jean a honte et lui dit de les cacher sous un foulard. Emmeline fronce les sourcils et tristement s'exécute, c'est le foulard, toujours le même, dont les motifs verts ressemblent à des gousses de pois prêtes à l'éclosion. Il la hisse sur son vélo et elle glisse un bras autour de sa poitrine, ses mains nerveuses froissent la chemise de Jean et même un peu moites la mouillent. Le vélo prend son essor et dans le ciel percute un vieux nuage retiré derrière des tonnes de flocons de neige - Emmeline frissonne et supplie Jean de redescendre, mais pas trop fort, de sa voix des jours communs, et lui va plus haut encore, elle ne dit plus rien, elle tousse et le bruit crisse crisse crisse (Jean veut hurler), repousse son bras et Emmeline bascule, s'accroche au guidon, le vélo fait un tour sur lui-même, les doigts d'Emmeline, les doigts moites d'Emmeline glissent et se décrochent, le vélo déchargé du poids mort reprend son ascension.


Jean crache la fumée et ses yeux peu à peu retrouvent les sauvages sur le sol. Les visages des sauvages deviennent des rictus, hurlent. Le petit chiot, si doux, Jean devine que déjà la grande fille lui a tranché la veine du cou, puisqu'il est effondré au centre du cercle et ses poils doucement prennent feu. La flamme touche le ciel les parois de la crevasse il est si loin, il sent ces affreux sauvages qui meurent, leur immense douleur, le dos déchiré, les entrailles éclatées prêtes à se répandre partout en cercles.


***


-Mon dieu, comme je veux être amoureuse

Le vieil amant d'Emmeline lui prend les mains et lui chuchote très doucement, comme pour ne pas éveiller les yeux tremblants, de la ramener chez elle, de lui faire un chocolat, chaud, crémeux, plein de tendresse. Elle secoue la tête, c'est loin la tendresse, elle rentre seule et sa robe printemps s'accroche à un vieux lampadaire et se déchire. Elle ne change pas trop.

-Je voudrais être seule

C'est comme de mourir dans la tête vide d'Emmeline, elle sent ses tempes battre avec le pavé quel drôle de sentiment, le pavé est gris et monte monte tournoie autour de sa jupe dont un seul fil traîne au sol, le trottoir galope partout, elle est ailleurs, panique, ses genoux agrippent le sol et posant son nez sur le dallage elle supplie la rue d'être une rue, un sens unique où rentrer chez soi, sagement, pour y repeigner ses cheveux. Elle roule et s'écorche (douleur aide-moi s'il te plaît je veux aller vers le sens), il est dur de reconnaître le désespoir lorsqu'il vous prend sur un vieux trottoir parisien et le délite, bam! D'un seul coup, bref, aigu, cruel. Il fait noir personne ne passe, ne pose ses doigts ouverts sur le front d'Emmeline, personne ne dit: rentrons, ou: qu'avez-vous mademoiselle? A rebours de tout Emmeline laisse glisser son corps et puis c'est aussi simple, une plaque d'égoût rencontre ses doigts - elle compte les barreaux, trois, cinq, neuf et le monde se range doucement. Emmeline rentre, défait sa robe, fait couler beaucoup d'eau sur son corps, désinfecte son écorchure et lui applique un pansement qui rassure. 


***


Serait-ce un erreur d'ici dire très doucement que la tendresse bah c'est beau non vraiment c'est très très beau (pense Jean une année en arrière)


***


Dans la tête de Jean il y a : un navire qui tangue pour dire qu'il ne sait plus comment rentrer chez lui - des milliers de timbres poste en forme de crustacés - un cil d'Emmeline collé sur la rambarde du balcon - les seins trop lourds de Marie - le petit chiot avant qu'il ne meure - une bicyclette idéale pour le dimanche aller au marché ; et en motif de fond, des coquillages dans le creux desquels on entend quelque chose de pas très distinct. Jean a vu se vider peu à peu l'espace autour de lui et regrette que la grande cérémonie soit si tôt finie. Plus de sauvages, plus de cette fillette cruelle, plus, rien. Il décide qu'il est temps de rentrer mais sa bicyclette a disparu de l'arbre où il l'avait attachée.


***


Jean au creux d'un vallon s'endort et tous les rats du monde lui courent sur le bras, ils sont cent, ils sont mille, ils l'aiment à en crever de leurs pattes fourchues. Le rat le plus coriace s'attaque à la chair et des lambeaux de sang s'éloignent avec lui; son regard échappe au ciel, Jean se cache les yeux, trop de rayons pour l'agresser et soudain sa pupille se rétracte, c'est un grand soulagement terrestre. Une voix au loin hurle des morceaux de gavotte qui se rapproche, toute prête à l'agresser, à lui enfoncer ses contredanses sous la semelle des pieds, prête à… Les mille rats déjà s'élancent et disparaissent. 

Jean pense à Emmeline où est-elle, pleure t-elle de la douleur d'un amant encore, ouvre t-elle le frigo pour y rester indécise, la main sur la poignée, le regard perdu vers l'arrière, a t-elle déjà oublié l'odeur de bois de leurs draps, etc. etc. etc.


***


"J'ai du mal parfois le soir à serrer toutes les étoiles entre mes yeux elles débordent ce n'est pas de la naïveté je crois c'est pire

Quand j'étais petite, une femme est venue qui m'a frappée longuement, peut-être serai-je morte sans cette chose-là, inexplicable, cette torsion in extremis, une forme de rébellion invisible et profonde … Au fond ses coups distendus m'avaient cabossée à un point que l'on aurait dit définitif, je serai alors devenue une "épave humaine" une chose sans volonté ni beauté, mais ce formidable égoïsme a hurlé entre mes côtes, les a invitées à se resserrer, une contraction, expulsion, c'est une rapide expiration. Il est dur quelquefois de supporter le joug de l'égoïsme, d'en assumer cet orgueil dégoûtant, mais bien caché derrière je garde ce secret: merveilleux orgueil qui m'a sauvée une seconde avant la chute, et puis, je te laisse grandir sans cesse, sans cesse ni limites, tu as mérité ta part de jouissance." (l'heure des grands aveux solipsistes)

Emmeline soupire et laisse glisser une mèche entre ses doigts. Lorsque quelques instants plus tôt, elle a baissé le store, une lueur brillait derrière les acacias, elle aurait aimé la regarder assez longtemps pour que dans son regard se développe le phare de la bicyclette de Jean.



***


Jean effleure à peine les graviers et déjà sent son bras plein de chair-de-poule prête à accueillir la sueur d'après-l'amour d'Emmeline, il évite de ne faire un bruit (grossier, parjure, le bruit qui brise l'espace). La porte grince, quand même, on ne commande pas aux objets. Emmeline serre contre elle le drap et dispose trois coquillages un peu partout. Les retrouvailles sont solaires, solaires, et Jean l'aime tellement que, il, il oublie de la mépriser.

Vieilles pelotes fripées.

22 Janvier 2012 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

On tisse le soir des grands cauchemars 
Car il est venu
Sur les faces d'enfant de 
Elle se les prend nouvelles le matin ; Innocence!
Je la veux pleurer
(pour toujours)

Laisse-moi te dire
Que ce n'est pas un hasard Si la nuit a la couleur du regret
Qu'il n'est pas de remord à avoir Non vraiment (non)

Il aurait suffi pourtant de peu de choses
Ma paume recèle mal les chansons
Sur une clairière en bord de planisphère Drôle de nappe pour une partie champêtre

(Les secrets le soir
Sentent le brûlé)

Moi je peux arracher des lambeaux à tout ce qui fait peur
Avec eux refaire le grand cauchemar
L'imbécile bris de
cau-che-mar

.

4 Janvier 2012 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Miette

De comprendre vos regards m'épuise

Organes.

3 Janvier 2012 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Miette

En un sens, je n'ai pas perdu de temps avec la vie, et de l'autre, celle-ci ma l'a rendu en baillant, comme si à peine deux secondes passées elle ne pouvait plus me tolérer en son sein un peu aventureux, trop imprévu. J'ai pris l'objet entre mes doigts et cela sentait le prémédité - un spectacle en forme de soliloque - , le roussi de l'imprévisible, et cet objet entre mes doigts pesait quelquefois des tonnes, quelquefois plus rien. Le sens et la tournure les plus usuels autrefois appris me restaient sur la langue - encore un goût de roussi -, me crevassaient les yeux et des petites gouttes d'angoisse naissaient de mes doigts, coulaient sur l'objet, l'envahissaient, le désenvahissaient, puis du sel restait collé à sa surface, une toute petite pellicule. Il fallait en détourner les yeux en manière de refus. C'est l'autre qui l'a dit en grondant et sa voix caverneuse a brisé un carreau.

L'objet est devenu trop plein de tempêtes et ainsi rendu intolérable, sera jeté au sol, piétiné, fureur et même, anéanti, rendu au néant, au rien du tout qui sort à toute allure des mes organes en bataille.

La bataille a suivi son cours longtemps, trop pour ne pas abîmer mon corps tendu en deux, en trois si l'on accepte de compter le bout de langue réfléchi, celui qui pointe hors des lèvres en guise de reproche.

De la bataille a surgi un phénomène, un petit frappeur de tambour, petit comme un oeuf et tondu le long de la raie de son crâne ahuri. Beaucoup trop longtemps m'a regardée et a laissé tomber les baguettes (elles sagement refusent le bruit de la chute), puis dans mes mains est entré, sacrifice à ma bouche a pénétré mon coeur a écorché mes artères les plus profondes a déchiré ma peau au point du retour. Petit instrumentiste vain est mort finalement dans la grande bataille que se livrent mes organes depuis hier soir. Eux l'ont enseveli sous le sang de mes bains et à en faire presque une idole

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Atalante couleur niaise.

28 Novembre 2011 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

J'ai sur la tempe une fleur

Qui ne veut plus grandir

(Etouffée sous mes doigts)

 

Des oiseaux morts

Tombent du ciel

Qui à mon cou

Tracent des ailes

 

Un vieux chaland qui passe

Pour une chanson laide

Quatre soleils sur le veston

Pour une chanson morte

 

Il me dit qu'il a deux coeurs

Un pour les oiseaux

Un pour les étoiles

Deux coeurs : des miettes

 

Sur mon cou la nuit (tombée)

Efface des oiseaux les traces

Vieux chaland mort à mes pieds

Coeurs sur le béton

Je-les-aime

Manitou tu déconnes

6 Novembre 2011 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème

Si j'arrivais à dire mes choses à moi… A les poser comme des petits objets sages autour de moi je serai accroupie et mes choses bien dites et claires, lisses et on pourrait les voir et là on sentirait leur fade odeur et puis on serait triste en se disant qu'il aurait mieux valu ne pas les dire à ce compte
C'est qu'il me faut des paradoxes pour aimer
J'ai dressé un totem bordélique sur mon lit et puis je me couche en-dessous mes yeux sur lui il tangue et si-gni-fie:
-manitou manitou je vais te dire une grande vérité accroche-toi à mon bastingage
(le bastingage est brisé depuis longtemps je n'ai pas osé le dire)
-Oui je t'écoute oui je suis là mais… pas… (toujours en parlant je perds le fil du mot juste; toutes mes excuses les plus navrées gratouillent à sa recherche)
-C'est une vieille histoire que j'ai inventée à l'envers

"Myrtille Cerise et Aglaë
Promènent leur jupe courte sur le pavé
Myrtille sourie
Aglaë chante
Et Cerise pleure
Elles se penchent (c'est là leur cadence)
Sur un ruisseau abandonné
Leur visage dans la flaque
Fait des taches des petites et des laides
Myrtille rit
Aglaë danse
Et Cerise pleure
Un grand cerf vient l'embrocher
Ma nuit est trop sereine
Personne ne veut de Cerise
Faire une étoile bleue
(gros bazar dans le ciel)
La lune répand sur le corps de Cerise
Une traînée sale et
Spermatique et
Immonde
La lune ricane 
Myrtille oublie
Aglaë pense
Cerise a enfanté un dieu, un animal à visage sale
Cerise rit Cerise danse Cerise pleure"


-Manitou tu déconnes
des bris de totem des bris de totem éclaboussent mon visage
C'est effrayant quand il ne reste que la nuit

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