Top articles
-
Mais puisque vivre dans une cave à toute chose est préférable.
Lorsque Marie ouvrit la porte, tout le jardin était fleuri, déjà. Une grande lumière berçait les roses, les dahlias grandis, les lavandes claires, la vigne sur le mur, l’azalée. Comme le Paradou, elle pense. Comme le grand jardin que le mur peine à circonscrire...
-
Toi
Toiperdue dans le feuillagela proie d'un beau nuagetu es la feuille et tu tremblesla couleur écarquillée fi de l'automnelongtemps en nous, tout résonne. Je veuxque tout soit accepté, laisser passage aux féesc'est la cérémonie, au fond, du thélourdes feuilles...
-
Discrétions de l'œuvre.
Mon œuvre est discrète, ce soir, un peu triste. Je lui donne des adjectifs pour qu'elle ne s'ennuie pas. Elle habite une poche, derrière un fleuve, une poche secrète où s'infiltrent des ruisseaux. Elle se mire dans l'eau dormante, dans l'eau ruisselante...
-
Sous le soleil.
C'est montrer que j'existe que je ferais Avec des dents Avec ce rien qu'on appelle aventure et qui n'est, en Fin de compte, qu'un peu de transpiration au coin De la chemise. Sous l'aisselle. On dénude l'épaule. C'est montrer qu'on a le cœur lisse, et...
-
Ca raconte la poésie 2/
Ca raconte une histoire qui se raconte seule. D'une grande bouche, émise, Depuis la stratosphère. De grandes poussières d'étoiles et des traînées Célestes, émanations d'une planète, chérie Des dieux et des déesses, Pharmacopée d'images et noyaux. Noyaux...
-
Serpent.
Je n'ai pas vu le serpent ; j'ai donc marché, seule, sur sa queue, sans penser aux conséquences de la douleur du serpent, lequel animal, dit-on, n'est jamais plus dangereux que lorsqu'il souffre, que lorsqu'on lui marche sur la queue, écrasant une à une...
-
Le départ des enfants.
Dans ce pays, les enfants étaient très tôt tenus en laisse, de peur qu'ils ne s'échappent. À l'âge de trois ou quatre ans, on leur nouait autour du cou le collier de la laisse. C'est qu'ils partaient vite, les enfants : on se détournait pour ne plus jamais...
-
Publié depuis Overblog
Il y a deux jours, dans un café, assise en face de R., j'ai écrit ce texte pour Cénaclières : La paille est une humble délatrice. Personne n'aurait su Dire, quand nous partions, que la paille, cette humble Protectrice, protégerait si mal la chouette des...
-
.
De comprendre vos regards m'épuise
-
Mon ventre.
Mon ventre est soulevépuis s'apaise ilest comme arraché. Mon ventre est doux et nettoutes les intrusionstout le poids des insectes ; Ma peau est parcouruepar des milliers d'intrus. Sous mon nombril pèse une goutte.Voilée par la n-ième fourmi.Mon Dieu...
-
Je suis le chardon.
Je suis le chardon On me ramasse C’est l’hiver ou le printemps Personne n’entend Je suis cette montagne Lourde et ruisselante De mon coeur profond Les oiseaux vous parlent Ce que je ne suis pas Je le deviens en hâte Petite soeur des bois Je cours et je...
-
Sur le dos.
Rien ne me vient parce qu'on se demandait où cacher, que donner que cacher tu voulais d'amour et d'eau je priais, sous la pente sur mon dos pour devenir adulte c'est trop tard c'est fini c'est pas triste rien ne l'est
-
Fleurs d'amour.
Mais pourquoi dis-tu Que c’est le printemps Car ce n'est pas vrai Mon Dieu tu le sais Toutes les hirondelles Sont parties sans moi Dieu ce n’est pas vivre Que vivre sans toi
-
Dame souris trotte.
Dans l'amour, je connais une hâte. Elle trotte, et trotte, aussi vite que font les souris. Dans le vent, je connais le chant de la feuille :elle murmure et palpite le nom de l'Amour. Dans mon cœur, j'ai vu l'elfe ou le lutinramper dans les alvéoles, et...
-
Choses qui bruissent.
Ce sont des choses que le vent fait : il sonne. Il écarte le tissu ; le vent glisse sous le drap. Ce sont des choses que le vent frais vous fait. Fenêtre, tissu, draps du corps. Choses légères. Ruissellement.
-
Tomber.
Demain, je tombe amoureuse.Contre ton corps qui s'élance,Je tombe, à la margelle, je tombe,Je m'accroche, bien sûr, mais je tombeAmoureuse. Demain, tu me prendsNe me lâche pas, je tombe contre toi,Contre ton corps qui s'élance, carDemain, je tombe am...
-
Poème de Noël.
Les choses retournent de peu. Tout événement est une merveille. Ou touche, de peu, cet état de merveille. Les branches touchent terre, ou touchent, De si près, le sol. Le soir, tu es venue, et, de peu, Tu as effleuré ma main. On ne peut oublier, ou peu,...
-
Sans titre.
Si au fond l’air enlaceQui vous lassepuis DélaceAlors l’air et je…délasse, et t’embrassetoi l’air las mon amour venu d’en bas.
-
Petit.
Petit coin du monde où Écrire, petit coin qu'ém- Onde, rien n'est pire ; le Vent est venu beau sur La montagne car le vent Est enfant crevé de rien Entends-tu le chant qui Vient ? petit coin du m- Onde à investir, petit Coin du monde ; où ri- En qu'écrire,...
-
racine.
Je ne suis qu'une grande Blessure, fracturée, une Racine liquide, dans un Corps gelé. Ne suis que Verrouillée, ahurie à en Crever, puisqu'un petit Dégel le fait, ce mouve- Ment (ému) de dégelée.
-
Pas venue.
Pas venu ; pas vernie. Trace touche. Séparation : tout débute. L'atroce en Un moment : tout termine. Touche Amère ; pas venue, pas verni, tout Débute. L'Atroce, une mélancolie, Rien que : deuil. Finition, déchire Ce qui existe, qui nous plaît. Mais Comment...
-
Rimes revenantes.
Je ne suis Que fiel Ou mieux le dire Que miel Je n'ai bu Que rage Sabordant Mon âge Être simple Cueillie Comme fleur Vieillie Ou n'être que L'orage, pleine D'une seule Rage
-
Luciole.
Si j'étais — Emily Luciole, ou bien lumière Je m'éteindrais Soleil — tourné Si j'étais — devenue L'infâme pétrie comme une Lumière — nue l'échancrure à Mon épaule — Si j'étais Emily Ton corps Nu — poussière — corps couvert De cendre — juste retour À la...