Top articles
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Faire l'opium.
Il n'y a pas d'élans, au bois. D'élans il n'y a pas. Il n'y a pas d'élans, mais il y a de l'opium ; de fortes quantités d'opium. Il y a des légendes. On court, enfants, et femmes, derrière des images, derrière les fleurs que Nos pieds foulent et broient....
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Sorte de blanche.
Sorte de blanche, tu expliquais. Tu faisais de grands moulinets : sorte de blanche, C'est une fleur, qui s'est cachée dans la forêt. Tu imitais Les rochers : trois, ardus, coupants, issus D'une seule pierre blanche, et friable. Calcaire ou Quartz, sorte...
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2020 résolutions.
Je me résous un peu tard mais je résous de me résoudre, tout de même A une résolution, franche et pure ; petit matin de mai, petit soir de peine Jours de septembre ; on se résout, dans le froid, dans le vent, sous ce qui Reste d'une année qui s'est bien...
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ça raconte la poésie 6/
Soyons crue ; je vais sur le dernier jour de mes règles. Donc, j'ai envie d'écrire. Mon cerveau est à la fête, complètement solaire, et ne se fixe pas. Mais dans l'écriture, nul besoin de concentration : on s'éparpille dedans. On revient sur le texte...
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Le patou.
Il tournait, le patou, ivre de sommeil Ivre du soleil qu’on laisse traîner – Dans un trou de sommeil qu’on laisse Brûler, mince joie toute effilée, reliquat Du crétacé ; il tournait, l'homme seul, Dans un trou d'ombre claire, d'une Seule haleine creusé....
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journal sentimental 20
Je me demande s'il existe un événement, même infime, en mesure de clore ce journal. Le journal n'est pas un atelier de mon écriture au jour le jour, expliqué-je à J. qui m'encourageait à l'utiliser de cette manière ; le journal suit les courbes de la...
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Résine sèche.
Nous étions trois, parfois quatre enfants. Des petites filles uniquement ; nous étions trois, quatre et parfois cinq, petites filles qui couraient la journée au milieu des sapins. Au bord des trous creusés par les obus autrefois, nous nous penchions ;...
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Orgueil.
Elle disait, l'orgueilleuse, tourner ce Qui signifiait qu'elle était séditieuse, Et en réalité, c'était ce qu'elle voulait, C'était cela : paver, dans la ville où Cela signifiait que viande crue ou Viande amère, c'était son corps qu'on Embaumait, et faire...
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Ils sont passés tout près.
C'était toute une nuée. De fantômes, ou de vastes papillons, De ceux dont les ailes, spongieuses, s'effritent Au vol – c'étaient des spectres, peut-être, en tout Cas c'étaient des êtres. Ils sont passés près de moi. Ils n'en finissaient pas. Évadés du...
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Le billig et le wok.
L'été de l'année 2015, ma grand-mère entassait des cartons de livres dans le coffre de sa voiture ; nous partions toutes deux à l'aurore sur des routes de campagne, puis nous nous garions le long d'immenses prairies transformées en parkings : c'étaient...
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Mais pourquoi ?
MP de Brunœ à Parsifal, le 7/04/20. Objet : mais pourquoi ? Bonjour Parsifal. J'ai deux choses à te dire. D'abord, j'aimerais que tu changes mon pseudo pour : TrèsHaute. Merci. Ensuite, je crois que je t'ai vue. Je crois que j'ai deviné depuis longtemps...
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Manières de bouger, manières d'écrire
Il y a des choses que j'aime observer chez mes ami·es – comme tout un·e chacun·e, mais puisque c'est une chose à partir de laquelle il est agréable d'écrire, mieux vaut l'écrire. Par exemple, j'aime particulièrement la voix de R. et sa diction, sa manière...
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Les images.
Les images sont propres, et je t'ai rencontré. Tu occupais, avec netteté, une portion de paysage. Tu n'avais rien sur toi que ton chandail. Ce jour-là, le vent brûlait des feuilles, terrassait les villes, jouait muettement avec toutes les pensées du cœur....
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Réceptions critiques.
Intriguée, je suis allée à la recherche, sur le forum, de la réception critique des deux poèmes des Miettes sélectionnés par le comité de lecture de Revu pour apparaître dans le prochain numéro. Je leur ai envoyé sept poèmes ; les sept poèmes forment,...
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Grand défilé.
Et si j'écrivais que ce poème est L'aboutissement d'une rivière, plu- Tôt que pied coincé dans une source ? Et si j'écrivais qu'un grand âge est le début De l'espérance, et pour un autre siècle, d'une Romance, si j'écrivais pour gagner les hauts rivages...
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L'été
L'été a passé long et tendre, qui me menait vers toi. Nous nous sommes vu·es. Nous nous sommes reconnu·es. Pourquoi parler de ces X heures qui me furent offertes Comme jalousement je m'étais refusé·e X années Elles sont le trou qui n'appartient qu'à moi....
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La légende.
Une légende se répandait à bas bruit, c'était en 2006 je crois, oui, il me semble que même moi, moi qui ne connaissais pas grand-chose aux sous-terrains du web, à ces larges espaces embourbés, mystérieux, même moi j'avais entendu la rumeur d'une légende,...
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journal sentimental 21
Cela fait maintenant cinq semaines que je suis ici ; ici, c'est-à-dire dans cet appartement grand et lumineux. J'en sors peu : je peux compter sur les doigts d'une main mes excursions à Zurich, la grande ville la plus proche. Trois fois pour la gare ;...
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Maîtrise des incendies.
Mon ami, R., est entré en conflit frontal avec moi hier soir. J'étais dans le train, et le train, lui, était immobilisé en pleine voie. Les arbres, autour, poussaient ; les haut-parleurs, eux, nous racontaient une histoire. C'est l'histoire de trois départs...
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Punitions.
J'ai l'impression qu'on m'a punie. On m'aurait installée dans le coin de la pièce, et condamnée à répéter sans fin le même geste : écrire une histoire. Conserver les rythmes qui me sont échus. Et le lexique, répétitif. Les mêmes pages cornées de mon dictionnaire...
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journal sentimental 13
J'ai des monstres hurlants dans le ventre ne rend pas compte de mes sensations réelles, mais l'écrire me rassure. J'ai envie de monstres hurlants, de créatures, de bêtes et d'ongles fichés dans le cœur relèverait de la fiction totale. Je désire un monstre...
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Les fantômes.
Les fantômes des êtres aimés, en moi, hurlent. Je n'ai pas voulu leur laisser de place. J'ai verrouillé un·es à un·es les chambres, les recoins, les souterrains de mon palais intérieur. Les fantômes n'avaient pas le pouvoir de s'y frayer un chemin et,...
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journal sentimental 11, ficelles, lutin, minéraux
Le journal sentimental est un drôle de journal, puisqu'il s'emploie à délimiter des émotions. Il les présente comme des nappes phréatiques, étalées avec langueur sur l'axe du temps ; elles s'étalent, coulent, se diluent dans les petits tunnels de la mémoire....
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journal sentimental 8
J'ai quitté le chalet. Je n'ai pas éprouvé d'émotion. Les sapins, les ravines, les éboulements rocheux s'étaient progressivement laissé happer par l'oubli le plus pernicieux ; une fine couche de poussière comme échappée de mes deux mains ouvertes. Ou,...
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Marie
Marie il faut que l'on parle Tu poses tes mains sur le clavier Regarde un peu les lettres On en fera des châteaux nus Parce qu'ils s'effondrent Le long d'une falaise La mienne Marie ne t'essouffle pas Tu caches tes fleurs C'est que tu en as honte On les...