Douce.
4 Décembre 2020 , Rédigé par Les miettes Publié dans #Poème
Douce petite chose,
Le bruit que tu fais, dans le corps,
Est mien. J'ai ce bruit d'oiseaux, de menthe
J'ai le bruit en moi des rivages où tu t'allonges car
Tu es lascive. Et tu tends le museau. Douce petite chose, j'ai
En moi le bruit sec que tu fais en te brisant.
Bientôt je serai chose, comme, un jour, tu fus chose. Bientôt je serai
Douce, comme, un jour, tu fus douce. Ce bientôt qui est demain,
Et dont tu te souviens – car tu n'es pas hors d'usage –
Tu es, au contraire, chose douce et chose
Utile – fera de mon bruit, un corps.
Douce petite chose,
Est-ce que j'ai l'obligation, de penser,
Quelque chose à ton propos ? Pourquoi me
Maintiens-tu tout le visage, puis tout le corps, sous
L'eau ? je me noie. Je meurs, et doucement, je me dévide,
Je suis la menthe fraiche, je suis même les oiseaux,
Je suis tout ce que tu noies, et je meurs.
Douce petite chose,
Je ne sais pas ce qui, en toi, est
Pareil à la mort. Ce qui en toi se dévide,
Ce qui produit en toi le bruit, le carillon, de l'oi-
-seau. Il y a des herbes sauvages qui tombent de ton
Museau, et des graines. Douce petite chose, n'as-tu pas fini ?
Est-ce que je suis obligée, quand tu me noies,
D'écouter le carillon qui bouge à toute allure dans mes entrailles,
Ou me laisseras-tu un peu de répit ? comme la forêt, tu
Bruisses, et tu es lascive. Le bruit que tu fais dans
Le corps, est un bruit d'oiseau, est un bruit
De menthe, douce petite chose.
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